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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 23:21
C'était un grand jour, ce lundi 26 octobre: Besson, notre ministre des Expulsions et de l'Identité Nationale, a annoncé qu'on va avoir droit à trois mois de "grand débat" (un petit,  évidemment, ça ferait mesquin) sur l'Identité Nationale. Palpitant débat, que Frédéric Lefebvre s'est empressé d'applaudir car n'est-ce pas, " la défense de notre modèle culturel et de la 'Douce France' chantée par Charles Trenet passent par la redéfinition de notre identité nationale". Réjouissances en perspective.

Tout un tas de gens issus de la société civile ("les forces vives du pays" dixt Besson) répondront à plein de questions "passionnantes", dont les deux principales:
- pour vous, qu'est-ce qu'être français aujourd'hui?
- quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale?

On peut s'amuser deux minutes avec des questions aussi biaisées: "être français" se résume à un attribut purement juridique, finalement. Certains parleront de culture, de patrimoine etc, d'autres iront jusqu'à parler de valeurs. Enfin bref, la question est surtout sans intérêt, sauf pour quelques nationalistes qu'il s'agit de récupérer avant les régionales de 2010. (ce que ne manque pas de préciser la presse étrangère).
Quant à l' "apport de l'immigration à l'identité nationale", effectivement il doit être limité, à part peut être que l'immigration évite aux intégristes de la vieille France de rester figés au XIIème siècle. En revanche, l'immigration apporte beaucoup au pays, économiquement, culturellement et socialement. Ce n'est pas pour rien qu'on est régulièrement allés chercher de la main d'oeuvre étrangère, quand ce n'était pas carrément des sénégalais qu'on envoyait au front.

On n'en veut d'ailleurs pas du tout aux "immigrés" de ne rien apporter à l'identité nationale:ce n'est leur affaire que s'ils se sentent français. Ils ont assez apporté au fil de l'Histoire, et on leur a pompé assez de leurs richesses pour réfléchir à une manière intelligente d'assurer l'intégration de ces gens dans la mesure du possible.
Ou bien, version idyllique, de leur permettre de vivre décemment chez eux. Mais il ne faut pas rêver et revenons au cher (et "passionnant") débat de Besson.

Il y aura donc tout un tas de réunions organisées jusque fin février 2010 par les préfets, dans "chacune des 100 préfectures de départements et des 350  sous-préfectures", animées par les préfets et des députés au cours des mois de janvier et février. Les "forces vives de la nation", ce sont,d 'après le communiqué ce sont  les "mouvements associatifs, enseignants, élèves et parents d’élèves de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, organisations syndicales, représentants des chefs d’entreprises, élus locaux", et au milieu de tout cela, les "représentants des anciens combattants et des associations patriotiques".

Le programme des festivités est vaste, et il s'agira de discuter, par exemple, de:
- "comment mieux faire partager les valeurs de l'identité nationale auprès des ressortissants étrangers qui entrent et séjournent sur le territoire national",
- de "la place des symboles et emblèmes nationaux",
- de l' "obligation pour l'ensemble des jeunes français de chanter au moins une fois par an (...) l'hymne national",
- de faire passer "un entretien d’assimilation permettant de s’assurer d’un meilleur niveau de pratique de la langue française et de connaissance des valeurs de la République"
- de "la mise en oeuvre d’une cérémonie plus solennelle lors de toute accession à la nationalité française," ou encore de
- "la mise en place d’un contrat d’intégration républicaine pour les étrangers entrant et séjournant sur notre territoire"

On voit d'ici les grandes cérémonies patriotiques et pleines de paillettes, avec tout le monde la main sur le coeur au son de la Marseillaise. Et d'abord ce chant est absolument ignoble et xénophobe. Un autre volet consite à cadrer les étranger qui arrivent avec un entretien puis un contrat qui doit probablement mener à l'expulsion s'il est mal respecté.

Un débat à ce sujet actuellement n'apporte rien aux problèmes des français et encore moins des immigrés, au contraire, il va amener plein de gens à se poser des questions qu'ils ne se seraient jamais posées à ce sujet, et à y trouver des réponses qui seront forcément influencées par la propagande médiatique qui se rapndra en même temps un peu partout.

Pourquoi un tel débat, pourquoi maintenant? Il y a au moins deux avantages: mettre sur le tapis cette problématique stérile alors que la crise économique s'installe histoire de détourner l'attention et d'installer dans les mentalités certaines notions comme le flicage des étrangers et la revendication nationaliste; et montrer à une certaine frange de l'électorat que le gouvernement et Sarkozy sont toujours très préoccupés par la question de la nationalité et donc du nationalisme.
Quant au moment choisi, toute une série d'élections auront lieu entre mai 2010 et mai 2012,  il s'agit  donc de ne pas perdre les électeurs raflés au FN et autres partis d'extrême droite pour ces scrutins. Et puis, en ces temps moroses, revenir à ce mythe de la "Douce France " de Trenet ne peut pas faire de mal à la côte de popularité de Sarko...

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 22:13
Je reprends une info récente répercutée notamment par L'Humanité: l'arrestation d'une dizaine de personnes sans papiers aux Restos du Coeur de Rouen le 14 octobre.

Après des agents zélés du Pôle Emploi d'Orléans de cet été, qui convoquent une personne sans papiers à un rendez-vous où la police les attend pour l'embarquer en centre de rétention, ladite police prend les devants et se pointe sans prévenir aux Restos du Coeur, quand les bénévoles s'apprêtaient à distribuer les colis et que les gens faisaient la queue.
Un tel cas serait déjà arrivé à République à Paris, en 2007 lors d'une distribution des Restos, voilà qu'on remet ça. Histoire de faire "du chiff' " comme dirait Sarko, on vient donc chercher les gens là où ils sont obligés de passer pour survivre, sans se préoccuper du fait que cette aide de base leur est indispensable et que beaucoup n'oseront plus y retourner après quelques raffles dans le style.

L'Humanité rappelle opportunément que Besson, le ministre de l'Identité nationale et de la chasse aux immigrés, a pourtant déclaré le 17 juillet 2009, face aux associations humanitaires concernées, que "Les lieux dans lesquels est apportée l’aide humanitaire doivent être en quelque sorte sanctuarisés, afin de bien marquer le caractère inconditionnel de cette aide. Les lieux où sont soignés, alimentés, hébergés les personnes en situation de détresse, ne sauraient être la cible d’une politique de contrôle et d’interpellation".
Il rappelait ce jour là qu'il se battaoit contre les "filières" d'immigration clandestine, pas contre les immigrés. ce qu'il a prouvé récemment avec l'expulsion de trois afghans dans un pays en guerre, malgré que la France ait signé moult conventions interdisant l'expulsion de personnes dans un pays en guerre. Mais, bref.

Suite à l'affaire d'Orléans, largement provoquée par les instructions venues d'en haut appelant à la délation, d'autres agents du Pôle Emploi ont crée le Réseau éducation, formation et insertion "pour dénoncer le dévoiement de [leurs] missions".

Même si on comprend que le pays ne peut pas absorber la totalité du flux d'immigrés souvent bercés d'illusions qui sont poussés à tenter leur chance chez nous, on ne peut pas accepter la chasse à l'homme qui se déroule sous nos yeux. Faudra-t-il encore assister impuissants à  à des scènes telles que l'embarquement de bon matin dans un fourgon de police d'un grand prère asiatique et de ses deux petits enfants, les cartables sur le dos, qui partaient à l'école, ou bien devoir chercher un chemin pas trop risqué à expliquer à un sans papiers pour qu'il puisse arriver à destination?

Il est clair que le mouvement de persécution des sans papiers, qui parfois sont en attente d'une réponse et sont donc légalement en France, ou bien devraient obtenir un titre de séjour qui leur est refusé, ce mouvement de persécution est initié depuis le gouvernement et l'Elysée. S'agit-il vraiment d'être efficace? On en doute au vu de la note salée des expulsions. S'agit-il de satisfaire l'électorat d'extrême droite qui peut se sentir floué par l'ouverture et la dégradation des conditions de vie?
Il serait en tout cas temps d'arrêter cette traque, qui dérive méchamment et devient franchement inhumaine. Et qui, par ailleurs, coûte la modique somme de 20.970 euros par personne expulsée, à multiplier par les 28.000 explusions de 2008, par exemple.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 17:57
Le Nouvel Obs a sorti aujourd'hui un sondage fracassant qui n'étonnera pas grand monde: 58% des Français ont un jugement négatif sur les deux ans et demi de gesticulations de Sarko. Mais 38% (quand-même!) se disent satisfaits.

C'est étrange, parce qu'il n'y a pas 38% d'ultra riches en France. Même si on ajoute les sympathisants d'extrême droite qui doivent être très contents du tapage sur les sans papiers, on n'arrive pas à 38%, à peine aux 6% qui estiment que Sarko a un bilan "très positif". Qui sont les autres? Ceux qui jamais ne pourraient voter à gauche ou même au centre? Ceux qui pensent que l'individualisme et le travail sont des valeurs primordiales? Enfin bref, un bon tiers des Français serait prêt à revoter pour Sarko le prochain coup. D'ailleurs, chose inquiétante, 30% des sondés ont déclaré qu'ils voteront pour lui en 2012 (dont 40% des + de 65 ans, 37% des CSP ++, et ... 38% des Français ayant un revenu sous la barre des 1.200€ mensuels, ce qui est pour le moins étrange car on ne voit pas bien ce qu'ils auraient à y gagner).
Pire: 19% seulement de ceux qui ont voté pour lui en 2007 ne revoteront pas pour lui en 2012 (même si 23% de ceux qui ont voté pour lui en 2007 disent que son bilan est "négatif"). C'est peu, très très peu compte tenu de la dégradation inégalée des finances et du climat social en l'espace de ces deux petites années.
Et pour finir, Sarko bénéficie toujours de 41% d'opinions positives! C'est à se demander si on vit tous dans le même pays.

Dans deux ans, quand le bal des dupes va recommencer, il a donc pas mal de chances d'être en finale et nous de subir encore cinq ans de casse sociale, d'autant plus si l'opposition reste perdue dans les méandres de la realpolitik made in France. Que faudra-t-il pour que ces 41% prennent un peu de recul et regardent objectivement l'état du pays aujourd'hui: même sans la crise, le paquet fiscal et autres joyeusetés auraient suffi à nous mettre dans le rouge. Et puis, l'Etat policier avance à grand pas, ce qui ne semble pas inquiéter, bien au contraire, une grande partie des Français.

(le sondage a été réalisé par l'institut LH2 par téléphone, auprès de 1006 personnes de plus de 18 ans)
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 23:24
Au détour d'une rue, quelque part dans le Nord...



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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 21:05
Un peu partout, de petits (ou de gros) groupes de militants se réunissent, pour protester, une fois contre l'OTAN, une fois contre les OGM, une fois contre les charters de sans papiers... Dans une ronde sans fin, les manifs se succèdent, plus ou moins sportives.

Ils arrivent parfois à être des milliers, comme à Strasbourg contre l'OTAN, ou seulement quelques uns, comme dans le Pas-de-Calais quand il faut se battre pour les immigrés Afghans, Irakiens ou d'ailleurs. Jeunes et moins jeunes, de toutes les catégories sociales mais avec la plupart du temps un bagage universitaire, ils ont pour point commun d'avoir décidé d'agir de cette manière pour défendre un idéal.

Pourtant, ces mouvements sont disparates et certains, à tendance plutôt violente, décrédibilisent l'ensemble des revendications. Des groupes comme les Black Bloc, venus d'Allemagne, posent problème. Ils s'insèrent dans les manifestations et s'arrangent, aux abords du défilé, pour créer des heurts avec la police, en général très prompte à répondre à la moindre provocation. Quand il y a de la casse, ils en sont parfois à l'origine comme à Gênes en 2001 ou à Strasbourg, par exemple.


Si les Black Bloc posent problème, ce n'est pas vraiment en raison de leur mode d'action. Il est contre-productif dans la mesure où les médias condamnent forcément les dégradations de vitrines ou autres, et donc l'opinion ne suivra pas les revendications portées. Non, les Black Bloc posent problème parce qu'ils sont cagoulés et que n'importe qui peut se faire passer pour un casseur, comme des flics par exemple.
Ce ne serait pas la première fois que la police ou bien des agents des RG allument la mèche, si l'on en croit notamment les renseignements allemands qui  se sont beaucoup interrogés sur les hommes cagoulés et disciplinés à l'origine des attaques de bus qui ont déclenché une vague d'émeutes fin 2005. Le 11 octobre à Poitiers, une petite manif anticarcérale de 200 personnes aurait été prise d'assaut par les Black Bloc, responsables de moult dégradations en ville. Leur intervention a donné lieu à 18 arrestations de militants d'une  "ultra gauche" vers laquelle se sont tournés des regards accusateurs (huit d'entre eux sont passés en comparution immédiate et trois , âgés de 51 ans et 18 ans pour les deux autres, ont pris quatre mois et un mois ferme). De plus, les forces de l'ordre, comme on dit, en profitent pour réprimer l'ensemble de la manif et s'en donnent à coeur joie avec leurs équipements de combat dernier cri.

Sauf qu'en l'occurence, on parle bien de personnes "extérieures à Poitiers", qu'aucun des manifestants ne connaissait semble-t-il. Intégrés dans la manif, ils ont soudain mis leurs cagoules et se sont mis à tout casser. La police elle-même parle de "gens très bien organisés", d' "opération commando" etc. Donc, des policiers pourraient très bien avoir joué le rôle des méchants.
Et puis, ce mouvement est tellement contre productif qu'on peut se demander s'il n'est pas piloté de près ou de loin par l'Intérieur, que ce soit ici ou en Allemagne. On connait l'expérience de la Gauche Prolétarienne, par exemple, qui était complètement infiltrée et poussée à l'extrémisme par un agent de la DST.
Enfin, une fois que l'opinion publique aura assimilé les casseurs aux Black Bloc, donc à l'"ultra-gauche", donc à "la gauche" en général, la contestation dans la rue deviendra un art dans lequel il faudra composer avec une opinion défavorable à la base, et une police gonflée à bloc pour la répression.

Pour en revenir à la manif de Poitiers,Brice Hortefeux a immédiatement fait publier deux décrets instituat deux bouveaux fichiers dont l'un concerne les auteurs de ces "violences collectives" en "milieu urbain", et a déclaré qu'il allait dissoudre un certain nombre de "groupuscules" de cette "ultra gauche" tellement décriée ces derniers temps et pourtant si insaisissable...


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