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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 12:12

Encore une nouvelle réjouissante, au moment où chaque signe de reprise est commenté dans l'ensemble des médias: le déficit de l'Etat a plus que doublé en l'espace d'un an! Normal, Sarko avait déjà plombé le budget avant la crise, désormais on n'a plus qu'à ramer. Normal: sarko est nul en compta, et il l'avait déjà prouvé en nous creusant un déficit sans pareil quand il est passé au budget en 1994.

Ledit déficit est donc passé de 56,6 milliards d'euros en septembre 2008, à ... 125,8 milliards d'euros!
Dans les près de 70 milliards supplémentaires, le "plan de relance" qui ne relance rien coûte 30 milliards, tandis que les baisses de recettes, liées à la crise mais aussi au paquet fiscal (30 milliards pour le bouclier fiscal limitant l'imposition à 50% et les heures sup' défiscalisées coûtent un brin elles aussi), font le reste.
A noter, grâce au paquet fiscal, il est possible de diminuer son ISF de 75% en investissant dans les PME via des holdings ad hoc.

De fait, en septembre 2008, l'Etat avait engrangé 221,6 milliards d'euros de recettes, contre moins de 170 milliards cette année. Certes, les nouveaux chômeurs ne versent plus leurs taxes, mais les entreprises et les revenus les plus élevés cumulent eux aussi des milliards d'euros de dégrèvements fiscaux.
Sans compter les innombrables niches ficales , qui se sont multipliées sous sarkoléon, et qui plombent encore plus le budget.
Rappelons à ce sujet que sarkoléon avait promis de faire la chasse aux avantages fiscaux, mais il y a toujours 509 niches fiscales en France (dont 200 permettent de limiter les impôts sur le revenu), qui coûtent chaque année 73 milliards d'euros (à comparer avec les 50 milliards qu'elles coûtaient en 2003). Les 21 plus importantes représentent 59% du coût total de ces niches, et bien sur il n'est pas question d'y toucher. Et puis, le paquet fiscal en comportait quelques unes lui aussi...

En ce qui concerne les dépenses, malgré l'austérité (surtout vis à vis de la sécu) et les politiques de rigueur, celles-ci ont augmenté, de 256 à 263 milliards d'euros, en raison du plan de relance.

Depuis que Sarko est là, et même avant la crise, le déficit n'a fait qu'augmenter, et dans des proportions simplement consternantes (il a été multiplié par 4 en 3 ans!):

  • 2006: – 36,2 milliards d’euros
  • 2007: – 38,4 milliards d’euros
  • 2008: – 56,2 milliards d’euros
  • 2009: - 125,8 milliards


A côté de cela, la dette du pays ne rassure pas vraiment non plus: 1 428 milliards d'euros, soit environ 73,9 % du PIB au deuxième trimestre 2009, contre 1.268 milliards un an plus tôt, un record!

Bref, encore deux ans comme ça et on sera rendus à faire la file devant des grands magasins vides...

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 14:45


Quelques minutes à ne penser à rien, juste sentir l'air d'un soir, au bord du Gange
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 13:40
Qui a dit que c'est la crise? A la Une de La Tribune, les résultats bien meilleurs que prévus de BNP Paribas, avec une hausse de son bénéfice net de ... 45%, avec 1,3 milliard d'euros (après 1,6 milliard au deuxième trimestre)!Cela "dépasse les attentes des analystes", d'après le quotidien.

Mais... 1 milliard, ce ne serait pas exactement la somme que la même BNP compatait "provisionner" pour les primes de ses traders? On se rappelle cette fracassante déclaration en plein milieu de l'été.
La banque le dit elle même: dans "un environnement caractérisé par une conjoncture économique toujours dégradée mais des marchés de capitaux plus normalisés, le groupe BNP Paribas réalise à nouveau ce trimestre une très bonne performance"
.

A noter: les "encours de crédit" ont progressé de plus de 4 milliards d'euros par rapport au 3è trimestre 2008. Et ce ne sont pas les entreprises qui ont eu ces crédits, puisque ce secteur a chuté de près de 2%. Non, ce sont principalement les ménages qui s'endettent de plus en plus, comme le montent les chiffres de l'INSEE.

Tandis que les dépôts, eux, ralentissent ici comme ailleurs: pour preuve, la chute vertigineuse du bénéfice net d'American Express, par exemple, qui émet des cartes de crédit. Pourquoi? Simplement parce que les gens qui ont des cartes de crédit sont obligés de dépenser moins. Après une baisse de 60% de son résultat net au deuxième trimestre, c'est encore une chute, de 21%, au 3è trimestre. L'an dernier, le troisème trimestre avait déjà vu une baisse de 23% dudit résultat net.
Mais aux Etats Unis, la situation est pire qu'ici: les possesseurs de cartes de crédit ont diminué leurs dépenses de 16%, contre 7% au niveau international.

Enfin bref
. En France comme ailleurs, en général les grosses banques se portent bien et elles affichaient déjà des bénéfices en milieu d 'année. Même la Société Générale, qui était encore à la ramasse il y a six mois, annonce 426 millions d'euros de bénéfice net au troisième trimestre.

Pendant que l'économie réelle s'enfonce dans le marasme, les banques, elles, reprennent leur banquet.
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 00:01
Rapidement, un point sur la pauvreté dans notre beau et prospère pays dont on vante la mythique "identité nationale" alors que les gens galèrent de plus en plus, comme partout grâce à la mondialisation. Pauvreté qui touche aussi 3,7 millions de travailleurs, malgré la mise en exergue de la "valeur travail"...
Parce que plus elle avance, plus on cherche à cacher la misère.


D'avance, pardon pour la quantité de chiffres, mais ils sont révélateurs.
En France, être pauvre selon l'INSEE c'est toucher moins de 50% ou bien moins de 60% du revenu médian des Français (en 2006, la France, en plus du seuil de 50% qu'elle utilisait, a aussi calculé le seuil à 60% du revenu médian) . Jusque là, le pays faisait exception en étant le seul en Europe qui continuait à compter le seuil de pauvreté sur la base de 50% seulement du revenu médian.

C'est-à-dire que pour être considéré comme "pauvre", en 2007, il fallait avoir moins de 757 € (seuil à 50%) ou moins de 908 € par mois pour une personne seule. Et, pour une personne seule mais qui vit avec un enfant de moins de 14 ans, il faut avoir moins de 984 ou 1.185 € mensuels suivant les seuils. Autant dire que ce n'est pas Byzance et que le caviar dans les épinards, c'est pas pour tout de suite.

Il y a donc dans la France du "président du pouvoir d'achat"  pas moins de 4,2 millions de pauvres si on calcule au seuil de 50%, et ... le double, soit 8 millions de personnes, au seuil de 60% du revenu médian.


Comme un vent de régression...

Jusqu'au milieu des années 90, la pauvreté a constamment diminué, et puis à l'aube du XXIème siècle, elle est carrément repartie à la hausse: de 3.097.000 ménages pauvres (seuil à 60%) en 2002, on est passés à 3.465.000 en 2007, apresque autant qu'en 1970.
Si on considère les personnes seules en situation de pauvreté, on est passé dans le même temps (toujours au seuil de 60%)  de 7 à 8 millions de personnes.
En pourcentage, on est passé de  12% en 2002 à 13,4% de la population française touchée par la pauvreté en 2007. Un chiffre considérable pour un pays aussi riche que la France.

Et on n'a pas encore les chiffres depuis le début de la crise, mais on devrait exploser le record. Car l'endettement des ménages a augmenté lui aussi, et pas légèrement: on est ainsi passé d'un taux de 65,6% d'endettement (les crédits en cours par rapport aux revenu disponible brut) au début 2006  à ... 74, 6% au dernier trimestre 2008, après un an et demi de Sarkoland, et juste au début de la crise économique!

Dans le tas, beaucoup de personnes pauvres ont pourtant un travail. Souvent à temps partiel, en tout cas mal payé. Entre 1,7 et 3,7 millions de travailleurs touchent donc moins de 60% du revenu médian soit 908 euros. 3,7 millions de travailleurs, c'est 15% des actifs qui n'ont pas de quoi vivre décemment par leur travail, ce qui n'est généralement pas un choix.


Revenu médian: quand la moitié des Français gagne plus, l'autre moitié moins. En 2006, l'INSEE l'avait fixé à 17.600€ par an, soit 1.470€ par mois.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:44

On a tous suivi la saga de l' "ultra-gauche", qui a commencé avec l'élection de Sarko et la vague d'émeutes pendant deux semaines après son élection. Pour la première fois, Le Figaro évoquait les "anracho autonomes", considérés comme responsables de la crise. Depuis un an, Julien Coupat après avoir fait six mois de préventive, attend que les enquêteurs terminent de ficeler le dossier qui l'accuse d'avoir déglingué des caténaires de la SNCF. Et ça, pour MAM et Sarko, ce ne sont pas de simples dégradations. C'est carrément du terrorisme, et en association en plus!

Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, quatre sabotages étaient commis en France, dont l'un sur la ligne du TGV Est. Un procès verbal de police indique que Coupat et son amie étaient près de la ligne de TGV en question le 7 novembre. Le 11, neuf personnes habitant Tarnac, paisible village de Corrèze de 300 âmes, sont mises en prison. Et la machine à broyer du gauchiste s'est mise en marche.

Même si tout le monde est encore mis en examen, il ne reste aujourd'hui personne en taule. Serait-ce la preuve que la police manquait de preuves pour les accuser? Car depuis le début de cette affaire, on n'a toujours aucun élément tangible permettant de les accuser, bien au contraire. On a critiqué le mode de vie autonome et non consumériste de ce groupe de Tarnac, on les a accusés de lire, et même d'écrire des livres anarchistes (le fameux bouquin 'L'insurrection qui vient'), et on tenait donc là les coupables.

Pas de bol, les avocats de Coupat viennent de sortir leur contre enquête et pointent "des contradictions" dans le dossier. Mis en examen pour "direction d'une entreprise terroriste et destruction en réunion à visée terroriste", l'inculpé a toujours nié les faits. Aujourd'hui, ses avocats expliquent que Coupat et sa copine étaient suivis par un flic, y compris la nuit du 7 au 8 novembre 2008. Le flic en question les aurait laissés faire sans broncher?
Les avocats ajoutent que "aucun des fonctionnaires de police chargés de la surveillance continue (...) n'a déclaré avoir vu l'un d'entre eux sortir du véhicule ou y entrer, ni avoir vu personne sur la voie ferrée", que les traces de pneus relevées à côté de la voie en question ne "sont pas compatibles" avec le véhicule de Coupat car "Les pneus de la Mercedes 250 (de Coupat) ont une largeur de 200 mm et la distance entre les bords intérieurs des roues du train avant et du train arrière est de 1.300 mm", tandis que les traces relevées sur les lieux du crime montraient "entre l'intérieur de chacun des deux pneumatiques, la distance est de 1.190 mm, la largeur de chaque pneumatique étant de 153 mm".
En plus de cela, les empreintes de chaussures ne collent pas non plus, le temps de trajet pour se rendre sur la ligne SNCF ne correspond pas (en effet, pour parcourir 27 km en 10 minutes, comme on le reproche à Coupat, il faut rouler à 160 km/h), et un procès verbal du flic qui suivait Coupat, mentionnant la présence de quelqu'un sur les voies, a disparu ... C'est à se demander, finalement, ce qui "colle" dans l'accusation.

Si on ajoute à cela qu'en juin, d'après le Canard Enchaîné, le chef du renseignement Bernard Squarcini, a déclaré en off à des journalistes que l'affaire a été mise en exergue à la demande du patron de la SNCF, victimes de sabotages attribués à Sud Rail. Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF, aurait alors demandé à MAM de rendre médiatique l'histoire de Coupat afin de détourner les soupçons. Aujourd'hui, les RG considèrent que les sabotages du 7 novembre 2008 ont été organisés en relation "avec l'Allemagne"...

On le comprend, le gouvernement n'a pas l'intention d'admettre ses erreurs, et encore moins qu'il a organisé une cabale anti gauchistes complètement infondée. Au bout d'un an, l'enquête à charge n'a toujours aucune preuve tangible (sinon ça fait un moment que tout le monde serait retourné en prison et le procès serait déjà au calendrier), malgré cela on continue à accuser ces gens d'être des terroristes. Il y aura très probablement un certain nombre d'obstructions de la part du parquet, qui n'a pas intérêt à ce que la machination soit étalée sur la place publique.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 22:51
Une brève pour signaler que l'Europe fait un pas de plus dans le flicage massif de la population, en particulier ce qui s'agite un peu. En l'occurrence, c'est le web qui servira de base de données.

C'est le "projet Indect", ou "Intelligent information system supporting observation, searching and detection for security of citizens in urban environment" destiné à surveiller le web. Des "programmes intelligents" destinés à surveiller ce qui se passe sur les sites Internet, les forums, les réseaux P2P, et même, tant qu'à faire, les ordinateurs individuels, devraient être développés pendant cinq ans grâce à 10 millions de livres sterling, soit autour de 15 millions d'euros venus de la poche des contribuables européens.

Le but? "La détection automatique des menaces, des comportements anormaux ou violents". Tout dépend donc de ce qu'on appelle une "menace" de "comportement anormal ou violent", des notions qui fluctuent en fonction de la libéralité des régimes en place.
Le logiciel permettrait aussi, du moins ses promoteurs l'espèrent, de retrouver des documents à partir d'une image ou d'une empreinte numérique, ce qui va être le top avec l'évolution des logiciels de reconnaissance faciale. Bientôt, en 2 secondes 100% des personnes présentes à une manif, filmées grâce aux caméras de surveillance (et à l'interdiction des cagoules et foulards lors des manifs), pourront être identifiées. Et avec tous les fichiers qui trainent, on pourra tout savoir de sa vie en 3 clics.

Une vidéo de promotion de ce projet, où on nous explique qu'Indect est un super système de surveillance qui permet de retrouver n'importe quel voleur en un minimum de temps grâce au relais des caméras et des satellites...


Affaire à suivre, donc...


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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 20:51
Je reviens pour répercuter une info datée du mois de mars, qui semble anodine mais pas tant que ça quand on la met en parallèle avec deux ou trois autres infos. On comprend mieux l'atmosphère sécuritaire qui pèse également sur le milieu scolaire.

Il s'agit d'un lycéen de 19 ans, président de la Confédération de la jeunesse du Nord, un syndicat lycéen dans le Pas de Calais qui, suite au mouvement de manifestations contre les "réformes "rétrogrades de Darcos, a été convoqué par une lettre du ministère de l'Intérieur à aller voir le SDIG (sous-direction de l'information générale) à Lens. Il explique: "J’ai été reçu par un fonctionnaire qui s’est présenté comme le responsable des renseignements généraux pour les collèges et lycées du bassin minier. L’entretien était très calme, il était très poli, mais il m’a demandé de faire attention parce que le fait d’aller trop loin dans le syndicalisme pourrait me fermer des portes pour les concours de la fonction publique. Mais il m’a demandé de faire attention parce que le fait d’aller trop loin dans le syndicalisme pourrait me fermer des portes pour les concours de la fonction publique (justement un concours qu'il vise). On a essayé de me dégoûter d’être meneur d’un mouvement à Picasso. On essaie de tuer à la base la contestation que nous allons mener contre la réforme des lycées".

Bon, le fait que les RG fichent les lycéens contestataires n'est pas nouveau (ce qui est nouveau c'est la franchise du fonctionnaire qui dit carrément que les concours pourraient lui échapper): l'un de mes souvenirs de vétéran des mouvements lycéens des années 1998-2001a été ce jour où je venais d'être élue par mes condisciples, ainsi qu'un camarade qui avait 16 ans lui aussi, pour représenter notre lycée du centre ville de Rennes dans le mouvement régional de contestation. En Bretagne, la particularité est que ces mouvements sont gérés par des coordinations ad hoc, parfaitement autonomes et indépendantes des partis, donc non canalisables.
Ce jour-là (comme tant d'autres d'ailleurs) nous avons été convoqués par le proviseur du lycée qui nous a tenu, avec un grand sourire, à peu près ce langage: "Je dois prendre vos noms pour les donner aux RG". Ce qu'il fit, et nous n'avons pas été convoqués pour autant. Accessoirement, ils n'avaient pas besoin de le faire, nos fiches étaient déjà suffisamment remplies pour des gamins de cet âge-là. Et les concous de la fonction publique, on se doutait bien que valait mieux éviter. Enfin, bref.


Ce genre de fichage est donc systématique, et bien évidemment ces fichiers sont destinés à être utilisés. Notamment pour écarter certaines personnes, en fonction de critères plus ou moins objectifs, de certaines fonctions. Mais aujourd'hui, l'ambiance est carrément délétère entre l'Etat et les mouvements contestataires et tout ce qui ressemble à un gauchiste. A l'école aussi.


A peu près à la même période, au printemps 2008, Darcos a sorti une idée géniale: instaurer une "police des écoles". Une super force mobile qui intervidrait dans l'école, mais travaillerait aussi aussi de l'extérieur. Il ne s'agirait pas de flics à proprement parler, mais des personnels assermentés ayant "les moyens juridiques et matériels d’agir" c'est-à-dire qu'ils pourront ouvrir les cartables (pour y trouver des armes, précise-t-on), dans un but de "prévention" et de "contrôle".





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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 22:22

On n'en peut plus dans les couloirs bruxellois du Parlement et de la Commission européenne. Après que, ouf, l'Irlande ait fini par voter "oui" à une constitution spéciale pour elle, grâce à une campagne médiatique coûteuse et rondement menée, et que la République tchèque ait fini par accepter le machin aussi, la grande affaire est désormais de trouver un président à l'Europe. Car, depuis 60 ans que c'est au programme, les élites européennes y sont parvenues: un gugusse va concentrer un nombre de pouvoirs inédits en Europe.

 


Le but affiché est de réduire les pouvoirs de la présidence tournante du Conseil européen où chaque pays y passe 6 mois (et pour laquelle Sarko nous a fait claquer 171 millions d'euros). Ce tourniquet serait quand-même maintenu, mais ce serait à trois et pendant un an et demi.
Evidemment, il ne sera pas élu au suffrage universel: on restera entre soi et il sera désigné par les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres. Avec 27 voix, en effet, le dépouillement sera plus rapide et on ne risque pas de voir un apparatchik se pointer.

 

Concrètement, il devra :

présider le Conseil européen

assurer la continuité des travaux avec la Commission

il « œuvre pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen » (comme s’il n’y avait pas assez de consensus !)

il représente l’Europe à l’extérieur en ce qui concerne les politiques étrangère et de sécurité.

 
On entend quelques noms circuler, jamais officiellement, et toujours parmi les membres de l’establishment européen. L’un d’eux se fait entendre depuis quelques mois: Tony Blair, le Thatcher sans jupons qui a continué les politiques ultra libérales des conservateurs pendant une décennie. Et cela, bien que l’Angleterre ne soit ni dans l’espace Schengen ni dans la zone euro. Et il faut dire qu’il fait plutôt consensus : Sarko et Merkel sont d’accord, ce qui est déjà pas mal. 

Même si sa candidature divise, chez nous, les médias ne sont pas en reste et applaudissent un peu partout, comme Le Nouvel Obs, dans lequel on peut lire que « Blair dispose d’un avantage significatif : il apporte avec lui la vision, chose qui manque si souvent à l’Europe ». Magnifique phrase parce que 1) La vision de Blair, on aimerait qu’il se la garde vu les résultats sociaux en Angleterre, ce pays ravagé par les subprime, et 2) « L’Europe » a toujours été très visionnaire puisque depuis 1948 il est question de marché commun, d’euro, d’armée européenne et tout le reste. Mais bref, je m’égare. Le Figaro, quant a lui, a carrément titré : «Pourquoi Blair ferait un bon président de l’Europe »

La candidature de Blair, par contre, ne plaît pas du tout à Giscard, qui se voit bien à ce poste mais n’a pas beaucoup de poids.


Le premier ministre luxembourgeois, Jean Claude Juncker, a aussi susurré son nom récemment, et dit qu’il « ne refuserait pas » un appel à candidature. Il a été très impliqué à l’époque dans la rédaction du traité de Maastricht et a toujours poussé vers l’union économique et monétaire voulue par Monnet depuis toujours. Et puis, chose non négligeable, il a dirigé la Banque Mondiale de 1989 à 1995, puis est arrivé –et est toujours- à la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement, et par la gouvernance du FMI. Autant dire que le virage social de l’Europe, ce ne sera pas avec lui davantage qu’avec Blair.

On parle aussi, éventuellement, de Jan Peter Balkenende, l’ex premier ministre hollandais, de droite ou de David Miliband, le ministre des Affaires étrangères Anglais, d'Herman Van Rompuy, l'ex premier ministre Belge sorti de nulle part et pas candidat lui non plus... Les noms de nombreux autres personnages traditionnels du paysage européen sont avancés, plus ou moins crédibles mais toujours du sérail.

 

Bref, c’est le mercato et ça occupe beaucoup les esprits à Bruxelles. Ici, on a tendance à s’en foutre, parce qu’il y a tellement plus important, comme essayer de sortir de cette crise et suivre les derniers délires de Sarko. Mais on devrait, parce que pendant que les populations ont le dos tourné, l’Europe avance sur le chemin qu’elle a toujours suivi et qui, on le sait maintenant, n’apporte pas grand-chose de bon.


A côté de cette « présidence », on aura aussi droit prochainement à un ministre des Affaires étrangères de l’UE, désigné de manière tout aussi démocratique que le « président », et  qui parlera pour tout le monde et aura un budget spécifique. Je me demande juste s’il aurait envoyé toute l’Europe en Irak ou s’il aurait eu la retenue de la France, par exemple.

Plus précisément, il faudra 55% des membres du Conseil, représentant des États membres réunissant au moins 65% de la population de l'Union

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 20:44


Un soir à Bénarès...
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 10:57
Un mini scandale révélé par New York Times risque de poser quelues problèmes au pouvoir afghan et peut-être à la CIA. En effet, cette dernière est accusée par le quotidien de rétribuer Ahmed Wali Karzaï, le jeune frère d'Amid Karzaï qui est également trafiquant d'opium, pour (entre autres) qu'il mène des attaques contre les Talibans.

Ce ne serait pas la première fois que la CIA utilise cette technique, c'est-à-dire financer des chefs de clan contre un groupe qu'elle cherche à éliminer. C'est d'ailleurs comme ça que les Talibans ont pu prendre la main sur l'Afghanistan dans les années 80, par exemple. Etcomme par miracle, entre 1979 et 1981, au début des opérations US en Afghanistan, la zone de la frontière avec le Pakistan est devenue la principale productrice d'opium dans le monde et fournissait 60% de la demande américaine.

Ahmed Wali Karzaï tient une partie de la province de Kandahar, dans le sud dd l'Afghanistan, dont il est chef du conseil provincial et où les Talibans sont également très présents. C'est aussi une région où la culture et le trafic d'opium se portent bien, et il semble que pas mal d'Afghans accusent Ahmed Wali Karzai d'être impliqué dans différents trafics, dont bien sûr celui de la drogue. La province de Helmand et Kandhar produisent encore 75% de l'opium afghan.

RFI évoquait par exemple le mollah Naquib, de Kandahar, un ancien mondjahidin retourné par le gouvernement dès 2002 grâce à quelques billets, pour ne pas rajouter de l'huile sur le feu. Mais, il est aussi connu pour être un gros trafiquant de drogue qui tient 400 cultivateurs de pavot. Pour avoir la paix dans son trafic, il lui suffit de prôner la paix entre les clans.
L'ancien gouverneur de la province, Gul Agha Sheer Zoi, avait lui aussi son petit trafic d'opium, qu'il a remis à son successeur, Youssouf Pachtoune. Pas de bol, un autre groupe cherche à contrôler les routes d'exportation dans la région, ce qui crée des affrontements. Et de l'autre côté de la frontière, au Pakistan, des membres des services secrets, l'ISI, ( Inter-Services Intelligence) réceptionent l'opium et l'héroïne.

Walid Karzai est aussi impliqué avec des investisseurs américains dans un gros projet immobilier, dans un district au sud de Kandahar, où il aurait acquis des terres illégalement. Le projet aurait aussi le gros avantage de permettre de recycler une partie de l'argent du trafic. Ca fait un moment qu'on (en particulier la Maison Blanche) l'accuse de participer au trafic de drogue, comme beaucoup de responsables politiques et membres du gouvenrment, Karzaï compris.
Et là, le New York Times vient de révéler, en plein entre les deux tours de la présidentielle afghane, que Walid Karzai est rétribué par la CIA pour monter une milice destinée à lutter contre les talibans dans la région ou pour servir d'intermédiaire entre les talibans et la CIA (qui les paye eux aussi).

Quant aux américains, ils achètent la paix depuis 2001 avec de l'argent qui sert à financer le trafic de drogue, qui reste florissant puisqu'en 2008, 7.700 tonnes ont été produites sur 157.000 hectares (à comparer avec les 3.400 tonnes de 2002 et les 200 tonnes de 2001). L'Afghanistan produit aujourd'hui, et depuis au moins 10 ans, environ 90% de l'opium mondial, qui sert de base à l'héroïne vendue dans nos rues. Et les talibans qui avaient presque éradiqué cete culture en 2002 en tirent aujourd'hui une grande partie de leurs revenus. Tout comme le pays, puisque le trafic d'opium représente un gros tiers du PIB, voire la moitié en 2007.
En 2009, on parle de 123.000 hectares cultivés, donc une forte -et mystérieuse- baisse. Cependant, certains estiment que les stocks sont d'environ 10.000 tonnes, ce qui est considérable. Mais si ces stocks étaient lâchés sur le marché, on imagine que le prix du gramme d'héroïne ne serait pas à 10 ou 15 euros à Bruxelles, mais à 5 euros, avec toutes les conséquences que cela implique.

Bref, on ne s'étonnera pas que le trafic d'héroïne se porte aussi, bien, grâce à la route de l'héroïne, dont le point névralgique est le Kosovo. On a eu la french Connection, la distribution du LSD par la CIA, il ne serait pas étonnant qu'une partie de cet argent aille dans des caisses noires qui servent aux opérations spéciales ou autres. La proximité entre trafiquants et renseignement US, et entre les talibans et les trafiquants, montre que les enjeux sont plus complexes qu'ils n'en ont l'air, et que tout le monde semble vivre en prafaite osmose dans ce bourbier.



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